À dix jours de la publication de la liste officielle des 26 Lions retenus pour la Coupe du monde, l’axe central de la défense sénégalaise suscite des interrogations. La blessure de Kalidou Koulibaly, absent des terrains depuis le 8 avril, fragilise les certitudes autour de la charnière des Lions. Dans ce contexte, Malang Sarr apparaît comme une option sérieuse.
Titulaire indiscutable, il a disputé 36 rencontres toutes compétitions confondues, dont 31 en championnat et 5 en Coupe de France, pour plus de 2 700 minutes de jeu. Solide dans les duels, appliqué dans la relance avec près de 90 % de passes réussies, il n’a reçu que trois cartons jaunes cette saison.
À l’aise dans une défense à trois comme dans un système plus classique, le natif de Nice a largement participé à la belle saison lensoise, conclue par une deuxième place en Ligue 1, une qualification en Ligue des champions et une finale de Coupe de France.
Passé par Chelsea FC puis FC Porto, Malang Sarr possède également une expérience du très haut niveau européen. Il avait remporté la Coupe du monde des clubs avec Chelsea en 2022 et décroché le titre de champion du Portugal avec Porto en 2021.
À 27 ans, le défenseur lensois semble aujourd’hui réunir plusieurs atouts pour intégrer la rotation des Lions au Mondial.
Association Niakhaté-Sarr ?

À l’arrêt depuis le 8 avril 2026, Kalidou Koulibaly demeure très incertain pour la prochaine Coupe du monde. Le capitaine des Lions souffre d’une sévère contusion accompagnée d’un hématome, contractée lors d’un entraînement avec Al-Hilal.
Cette blessure continue de perturber sa reprise. Le défenseur sénégalais éprouve encore des difficultés à courir normalement, ce qui compromet sérieusement sa montée en puissance avant le Mondial. Même en cas de retour imminent, il manquerait logiquement de rythme et de compétition à l’approche du tournoi. Le capitaine des Lions pourrait même manquer les matchs amicaux contre les États-Unis (31 mai) et l’Arabie Saoudite (9 juin).
Malang Sarr pourrait ainsi être associé à Moussa Niakhaté dans l’axe de la défense sénégalaise. Le joueur de Nottingham Forest reste actuellement le défenseur des Lions le plus utilisé en club, avec 42 matchs disputés toutes compétitions confondues cette saison.
L’hypothèse d’une charnière composée de deux gauchers peut sembler atypique au plus haut niveau. Elle reste néanmoins envisageable dans le football moderne, où les défenseurs sont formés à jouer des deux pieds afin de faciliter la relance et les ajustements défensifs.
Dans un contexte marqué par l’incertitude autour de l’état physique de Kalidou Koulibaly, cette option pourrait offrir davantage de stabilité et de qualité dans la première relance des Lions.
L’avis de Tapha Seck

Ancien sélectionneur de l’équipe nationale locale, Moustapha Seck soutient qu’il est possible d’avoir des gauchers en défense centrale. « Cela n’a rien d’incompatible avec le haut niveau. Les équipes évoluent d’ailleurs très souvent avec deux droitiers en charnière sans que cela ne suscite de débat particulier. Mais le football moderne impose désormais une certaine ambidextrie aux joueurs, particulièrement dans le secteur défensif. Aujourd’hui, il n’est plus surprenant de voir un droitier évoluer au poste de latéral gauche afin de mieux contenir les ailiers qui repiquent vers l’intérieur du jeu. Le FC Bayern Munich a longtemps exploité ce principe, notamment à l’époque du duo Franck Ribéry – Arjen Robben, puis plus récemment avec Luis Díaz et Michael Olise », explique-t-il.
Le Technicien et dénicheur de jeunes talents à Génération Foot renchérit : « Dans cette logique, aligner deux gauchers dans l’axe central ne constitue pas un véritable problème. La Mauritanie nous avait éliminé en qualification du CHAN avec une défense composée de quatre gauchers. À l’époque, Demba Ramata et feu Alassane Dia dirigeaient la sélection sénégalaise. Toutefois, il est important de noter que dans une défense à quatre, l’équilibre recherché concerne surtout l’ensemble de la ligne défensive : un latéral droit, un latéral gauche et, idéalement, une charnière composée d’un droitier et d’un gaucher. Cette complémentarité facilite les sorties de balle, les angles de passe et certaines couvertures défensives ».
Les autres combinaisons possibles…
Lors de la dernière CAN, Pape Thiaw a exclusivement utilisé des défenseurs centraux dans l’axe : Kalidou Koulibaly, Abdoulaye Seck, Moussa Niakhaté et Mamadou Sarr. La paire Koulibaly – Niakhaté a été alignée à quatre reprises : contre le Botswana (3-0), la RD Congo (1-1), le Mali (1-0) et l’Égypte (1-0).
Mamadou Sarr et Moussa Niakhaté ont également formé la charnière centrale lors de matchs importants. Remplaçant au coup d’envoi de la demi-finale contre l’Égypte, le jeune défenseur de Chelsea a remplacé Koulibaly dès la 23e minute, avant de livrer une prestation remarquable. Il a ensuite confirmé en finale. Déjà face au Bénin (3-0), il avait terminé la rencontre après l’expulsion de Kalidou Koulibaly, aux côtés d’Abdoulaye Seck, entré à la 76e minute.
En club, Mamadou Sarr traverse une période plus compliquée à Chelsea, où il n’a disputé que cinq matchs depuis son arrivée. Pourtant, ses débuts avec Strasbourg avaient été prometteurs, avec 18 apparitions, dont 15 en Ligue 1.
Abdoulaye Seck reste aussi une option crédible. Il a déjà évolué avec Niakhaté contre le Soudan (3-1) et avec Sarr face au Bénin. Même si la paire Niakhaté – Sarr a affiché davantage de sérénité durant la CAN, le défenseur du Maccabi Haïfa conserve des arguments. Depuis la trêve internationale de mars, il a disputé six matchs et totalise 29 rencontres toutes compétitions confondues cette saison.
Absent de la CAN, Moustapha Mbow monte en puissance avec le Paris FC. Le longiligne défenseur a disputé 34 matchs (toutes compétitions confondues). Mais, il n’a pas joué la moindre minute en sélection nationale.
Pascal GOMIS














