Pour succéder au sélectionneur des Lions de la Téranga, remercié au début du mois, les dirigeants souhaitent nommer un Sénégalais. Hervé Renard, libre actuellement et qui vit dans le pays, n’est pas hors course pour autant.
Un séisme a touché le foot sénégalais. Alors qu’Aliou Cissé, le sélectionneur, s’apprêtait à annoncer sa liste des joueurs qui seront opposés au Malawi (aujourd’hui et mardi) lors des qualifications pour la CAN 2025, il a été remercié froidement par Khady Diène Gaye, la ministre des Sports. Elle lui a reproché de ne pas avoir at- teint les objectifs assignés, notamment lors de la dernière CAN en Côte d’Ivoire avec une élimination en huitièmes de finale face aux Éléphants (1-1,4-5 aux t.a.b.) sortis miraculeusement de la phase de groupes.
Le nul concédé en fin de match face au Burkina Faso en septembre (1-1) a fini de sceller son des- tin mais pourquoi ne pas lui avoir dit à la sortie de cette trêve ? Cissé, d’après nos informations, a tenté de rester sur le banc pour ces deux rendez-vous dans une sorte de tournée d’adieu mais la sanction était irrémédiable. Très proche du président de la Fédé- ration, Augustin Senghor, lui aussi fragilisé par une décision qu’il ne cautionnait pas, Cissé, abasourdi, s’est pris un mur en pleine face.
Habib Bèye a refusé, Omar Daf bien placé
Pas simple de partir de cette manière pour l’ancien capitaine qui a donné la première CAN de l’histoire à son pays en 2021, au Cameroun. Mais il savait que son contrat s’arrêtait à la fin du mois d’août et qu’aucun signe ne montrait une volonté des autorités politiques de prolonger son bail dé buté en 2015. C’est donc Pape Thiaw, son récent adjoint après le départ de Régis Bogaert, qui lui succédera pour un intérim. Ou pour plus ?
Les décisionnaires veulent, à première vue, un Sénégalais. Habib Bèye a été approché mais il a refusé. Pas dans son plan de carrière actuellement. Il reste peu de techniciens dans la short-list : Omar Daf, l’adjoint de Cissé lors de la Coupe du monde 2018 et actuellement entraîneur d’Amiens (L2), coche beaucoup de cases.
Et comment rayer Hervé Renard, deux CAN remportées avec deux pays (Zambie en 2012, Côte d’Ivoire en 2015), un record sur le continent, libre actuellement, qui possède un profil idéal mais le défaut d’être français dans un pays ou une région où les nouveaux dirigeants ont fait du refus
De l’ingérence occidentale leur cheval de bataille. Renard peut-il échapper à cette caricature, vu son histoire ?
L’ancien sélectionneur des Bleues vit au Sénégal, sa femme est sénégalaise, ses enfants sont scolarisés sur place et il a beau- coup investi sur cette terre, ce qui l’éloigne du stéréotype du technicien venu de l’extérieur. Mais rien n’est gagné dans le contexte actuel.
Hervé PENOT (L’Equipe)