Un nul au Mozambique (1-1) pour commencer, et déjà des interrogations. Amara Traoré, ancien sélectionneur des Lions, estime qu’il est beaucoup trop tôt pour juger Patrick Vieira, arrivé récemment sur le banc du Sénégal.
La première de Vieira n’a pas encore livré ses enseignements. À peine quelques jours de travail, un nul à Maputo et un groupe à découvrir : pour Amara Traoré, le nouveau sélectionneur doit d’abord installer ses principes avant d’être évalué. « On ne peut pas être sélectionneur, avoir seulement deux ou trois jours de vécu avec un groupe et demander l’impossible. Le juger maintenant, c’est vraiment prématuré », estime-t-il.
Construire son équipe
Vieira est encore dans une phase de découverte. Il doit apprendre à connaître son groupe, installer son système et faire progressivement passer ses idées. « Il est dans un processus d’étude. Il va mettre en place son système, sa méthode. La meilleure manière de l’aider, c’est de le laisser travailler et d’éviter les jugements prématurés. »
Les prochaines rencontres devraient permettre de mieux mesurer les premiers effets de son travail. « Il reste les matches contre l’Éthiopie et les Comores. Si les matches sont similaires, il faudra analyser ce qui se passe, notamment l’activité des joueurs. D’ici trois matches, on pourra commencer à voir plus clairement la direction prise par l’équipe. »
Une transition à préparer
Cette nouvelle ère doit aussi permettre au Sénégal de préparer progressivement l’avenir. Pour Amara Traoré, le renouvellement de l’équipe ne signifie pas tourner brutalement la page des cadres. Leur expérience doit accompagner les jeunes appelés à prendre le relais. « Il y a un travail très difficile à faire parce qu’il faut assurer la transition. Certains cadres commencent à sortir, mais ils doivent aussi accompagner les jeunes. L’objectif, c’est dans quatre ans. Et dans quatre ans, ce sont ces jeunes-là qui seront présents. »
L’ancien sélectionneur s’appuie sur son propre vécu avec la génération 2002. « J’avais 36 ans et j’étais dans l’équipe. J’assurais la transition. Ces jeunes savent qu’il y aura une Coupe du monde dans quatre ans. Ils vont tout donner pour se faire une place. Mais la transition ne doit pas être brusque, elle doit être réfléchie. »
Dans cette transmission, les cadres ont encore leur mot à dire. « Un garçon comme Koulibaly a beaucoup à apporter à l’équipe nationale, que ce soit sur le terrain ou en dehors. »
Pascal GOMIS


