La flamme olympique entre ses mains, samedi, à la Place du Souvenir africain. L’image avait valeur de symbole. Pour Mame Maty Mbengue, l’une des plus grandes championnes de l’histoire du basket africain, ce n’était pas seulement un relais : c’était un passage de témoin entre les pionnières d’hier et la jeunesse appelée à écrire demain.
Son nom est déjà gravé dans l’histoire. Son palmarès aussi. Cinq Afrobasket remportés, en 1984, 1990, 1993, 1997 et 2001 : un record qu’elle partage désormais avec les Nigérianes Ezinne Kalu et Sarah Ogoke, elles aussi sacrées à cinq reprises entre 2017 et 2025.
L’ancienne joueuse de la Jeanne d’Arc a également conquis deux médailles d’or aux Jeux africains, en 1995 et 1999, trois trophées de MVP à l’Afrobasket (1993, 1997 et 2000), ainsi qu’une médaille d’or aux Jeux de la Francophonie en 1997. Une moisson qui raconte à elle seule l’empreinte laissée par la Sénégalaise.
En 2011, la FIBA la désigne meilleure basketteuse africaine de ses cinquante premières années. Ses numéros 8 et 15, portés avec la Jeanne d’Arc et en équipe nationale, sont depuis retirés. Comme pour figer dans le temps le passage d’une championne devenue référence.
Puis vient le sommet. En novembre 2022, à la Maison du basket Patrick Baumann, à Mies, en Suisse, Mame Maty Mbengue entre au FIBA Hall of Fame. Elle devient la première Africaine à rejoindre ce cercle des immortels de la balle orange.
Samedi, à Dakar, elle a porté une nouvelle fois l’histoire. La flamme des JOJ, entre ses mains, éclairait autant le futur que son immense passé. Et tandis qu’elle la transmettait à la génération montante, Mame Maty Mbengue rappelait une évidence : certaines flammes ne sont pas faites pour s’éteindre. Elles sont faites pour être transmises.
Pascal GOMIS



