À l’occasion de la troisième édition du Dakar Sport Summit, les 27 et 28 octobre à l’UCAD, l’initiateur du rendez-vous appelle à transformer les JOJ Dakar 2026 en levier de développement durable. Formation, équipements de proximité et financement des clubs sont au cœur de son plaidoyer.
Faire des JOJ Dakar 2026 un tremplin pour le sport sénégalais. C’est l’ambition défendue par Malick Diouf, initiateur et organisateur du Dakar Sport Summit (DKSS), dont la troisième édition se tient les 27 et 28 octobre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Directeur de l’agence Prim’s et spécialiste de l’économie du sport, également membre du Réseau de la francophonie économique sportive, il place le capital humain au centre de la réflexion sur l’après-JO J.
Après le cadre institutionnel et juridique en 2023, puis le financement en 2024, le sommet consacre cette année ses travaux à l’éducation et à la formation. « Une infrastructure se construit en quelques années. Former un entraîneur, un dirigeant de club, un arbitre, un gestionnaire d’équipement prend bien plus longtemps », souligne Malick Diouf. À quelques jours de l’ouverture des premiers Jeux olympiques organisés en Afrique, l’enjeu dépasse la seule réussite de l’événement.
Transformer l’essai olympique
Malick Diouf a salué l’adoption en Conseil des ministres, en juillet 2025, du nouveau Code du sport, ainsi que l’implication du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans le suivi des chantiers des Jeux. Il a également mis en avant la volonté de développer des infrastructures sportives de proximité sur l’ensemble du territoire.
Mais les annonces devront se traduire dans les faits. « Sans investissements dans la durée, sans vision partagée par tous les échelons de l’État, l’héritage reste un mot », prévient-il.
Derrière la vitrine olympique, les besoins restent considérables. Les clubs peinent à trouver des financements, l’accès à la pratique demeure inégal et plusieurs territoires manquent d’équipements adaptés. Pour l’organisateur du DKSS, le risque est de voir l’enthousiasme retomber une fois les projecteurs éteints.
Il évoque le cas d’un jeune de Diakhao qui pourrait rêver de devenir athlète pendant les JOJ, avant de retrouver un environnement sans piste ni entraîneur. Les fédérations ont également besoin de moyens pour organiser leurs compétitions, tandis que les sportifs de haut niveau doivent bénéficier de conditions adaptées à la performance.
À l’horizon des Jeux de Los Angeles 2028, le parcours de Saly Sarr, espoir de l’athlétisme sénégalais, incarne les ambitions du pays. Depuis la médaille de bronze d’Amadou Dia Ba sur 400 m haies aux Jeux de Séoul, en 1988, le Sénégal attend toujours un nouveau podium olympique.
L’UCAD attend son gymnase
Le développement du sport passe aussi par la structuration de son économie. Malick Diouf cite Mady Touré, Ibrahima Faye, dit « Beuz », et Tanor Confection parmi les acteurs engagés dans cette dynamique. Mais l’essor de la filière suppose, selon lui, un environnement favorable à l’investissement et à l’entrepreneuriat.
L’initiateur du DKSS a également plaidé pour la construction d’un gymnase de haut niveau à l’UCAD, qui abrite notamment l’Institut national supérieur de l’éducation populaire et du sport (INSEPS). Alors que plusieurs enceintes sont rénovées en vue des JOJ, la dégradation du stade universitaire met en lumière les besoins qui persistent au quotidien.
Un tel équipement permettrait d’améliorer les conditions de formation des cadres sportifs, d’accueillir les étudiants et d’offrir aux fédérations de sports en salle des installations adaptées.
Cette proposition doit figurer parmi les axes du mémorandum issu des deux journées de travaux, qui sera transmis aux autorités. « L’héritage, c’est cela », insiste Malick Diouf.
Un appel aux autorités
L’organisateur du sommet a enfin invité l’administration à renforcer le dialogue avec les acteurs du sport. « Répondez-nous quand nous vous écrivons. Écoutez-nous quand nous vous parlons. Nous perdons trop d’opportunités faute d’interlocuteurs accessibles », a-t-il lancé.
Au-delà de la fête olympique, le défi est posé : faire des JOJ Dakar 2026 le point de départ d’une politique sportive de long terme, capable de former ses acteurs, de soutenir ses clubs et de rendre la pratique accessible au plus grand nombre.


