Après le nul concédé à Maputo face au Mozambique (1-1), Augustin Senghor appelle à la patience autour de Patrick Vieira. L’ancien président de la FSF estime que le nouveau sélectionneur doit disposer du temps nécessaire pour installer sa méthode et façonner son équipe.
Le nul ramené de Maputo (1-1) n’a pas échappé à Augustin Senghor. Mais l’ancien président de la Fédération sénégalaise de football refuse d’y voir matière à tirer des conclusions hâtives. « Il faut être patients », insiste-t-il, convaincu que le Sénégal dispose encore d’une marge importante.
« Je suis tous les matches de l’équipe nationale et de toutes les sélections sénégalaises. Je suis devenu le supporter numéro un des gagnants, quels qu’ils soient. J’ai suivi le match contre le Mozambique. On l’a bien entamé mais, en deuxième période, peut-être par manque de fraîcheur, nous n’avons pas pu faire la différence. »
Pour Senghor, la transition impose du temps. « Il faut laisser la mayonnaise prendre. On ne peut pas être dans une phase de transition, parler de reconstruction et vouloir tout, tout de suite. Il y a un nouveau coach : donnons-lui le temps de bâtir avec sa vision et de mettre en place ce qu’il veut. »
« Laisser la mayonnaise prendre »
L’ancien dirigeant assume également son soutien au choix de Patrick Vieira. « Je pense que c’est un bon choix. Tout le monde connaît Patrick Vieira, son vécu de footballeur et son expérience comme entraîneur. Il découvre le football des sélections, mais il est suffisamment outillé pour faire du bon travail. »
Il insiste néanmoins sur la nécessité d’une période d’adaptation. « Il lui faut un temps d’adaptation, se familiariser avec les joueurs et mettre en place son propre système. À chaque fois que nous avons fait confiance à nos entraîneurs, que ce soit Aliou Cissé ou Pape Thiaw, ils ont obtenu des résultats. Faisons donc confiance à celui que la Fédération a choisi. »
Et Senghor de rappeler les ambitions qui accompagnent toujours les Lions : « Si on lui donne le temps de bâtir avec les joueurs dont nous disposons, je suis persuadé que le Sénégal continuera d’avancer, que les performances à venir seront rassurantes et que d’autres trophées viendront. »
« Il ne s’agit pas de croire en un homme »
Alors que certains regrettent déjà son départ de la tête de la FSF, Senghor préfère écarter toute comparaison avec son époque. « Ceux qui disent que l’ère Augustin Senghor leur manque expriment peut-être une forme de nostalgie. Quand une discipline atteint un certain niveau, il est toujours difficile de prendre la suite, parce que les exigences sont plus élevées et que les gens sont pressés. »
L’ancien président appelle surtout à regarder vers l’avenir. « Aujourd’hui, il ne s’agit pas de croire en un homme, mais en une organisation capable de bâtir quelque chose de solide. Il faut unir les cœurs autour d’un même objectif : faire briller le Sénégal partout dans le monde. »
Avant de conclure : « Augustin Senghor n’est pas éternel. Il devait partir, il est parti, mais il reste dans le football. D’autres sont là, d’autres viendront. C’est tous ensemble que nous bâtirons de nouvelles victoires pour le football sénégalais. »
Pascal GOMIS


